Un art de notre temps #2

Œuvres de la Collection Lambert

Jusqu’en mars 2020

Introduction

Le musée poursuit la série de présentations des œuvres de la Collection Lambert et explore dans un large panorama sensible la singularité de ce fonds unique, constitué à travers le regard d’une personnalité centrale de l’art de la deuxième moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

Les ruptures initiées dans les années 1960-1970, et les nouvelles manières de penser l’art qu’elles ont instaurées, ont nourri les pratiques artistiques de ces soixante dernières années ainsi que la vision d’Yvon Lambert. Les grandes œuvres constituent à la fois des ruptures avec la création du passé, ouvrant de nouvelles possibilités pour l’art, en même temps qu’elles invitent à de nouvelles lectures de l’histoire avec laquelle elles tissent des liens conscients et inédits – pour reprendre les développements de Jean Frémon à propos de Robert Ryman à qui la Collection Lambert rend hommage en lui consacrant deux salles.

L’art minimal, l’art conceptuel et le land art, dont Yvon Lambert fut l’un des premiers défenseurs en Europe, introduisent ce nouveau parcours en compagnie de certains des principaux acteurs de ces mouvements fondateurs. Le retour à la peinture figurative au début des années 1980, mais aussi la photographie, la vidéo et l’installation, dont la présence est devenue incontournable dans le champ de l’art, accompagnent ensuite le visiteur dans l’évolution des choix du collectionneur, toujours tourné vers l’avenir, à l’écart de tous les académismes.

Les artistes

Les artistes

Carlos Amorales, Carl Andre, David Armstrong, Mirosław Bałka, Miquel Barceló, Robert Barry, Slater Bradley, Marcel Broodthaers, Daniel Buren, Claire Fontaine, Anna Gaskell, Nan Goldin, Douglas Gordon, Loris Gréaud, Jenny Holzer, David Horvitz, Koo Jeong-a, Donald Judd, On Kawara, Anselm Kiefer, Joseph Kosuth, Claude Lévêque, Sol LeWitt, Richard Long, Robert Mangold, Brice Marden, Gordon Matta-Clark, Jonathan Monk, Olivier Mosset, Rei Naito, Bruce Nauman, Dennis Oppenheim, Giulio Paolini, Robert Ryman, Richard Serra, Ross Sinclair, Vibeke Tandberg, Niele Toroni, Richard Tuttle, Salla Tykkä, Andy Warhol, Paul Wallach, Lawrence Weiner.

Robert Ryman

Robert Ryman

Vue d’exposition © Adagp, Paris, 2019 / photo Victor Picon

« Faire des peintures blanches n’a jamais été mon intention. Et ça ne l’est toujours pas.  Je n’estime même pas que je peints des tableaux blancs. Le blanc est seulement un moyen d’exposer d’autres éléments de la peinture. Le blanc permet à d’autres choses de devenir visibles ».
Robert Ryman

Suite au décès de l’artiste américain Robert Ryman le 8 février 2019, la Collection Lambert a décidé de présenter huit de ses œuvres conservées à Avignon. Le musée offre ainsi au public une chance unique de découvrir l’un des plus beaux fonds des œuvres d’un peintre majeur du XXe siècle et du début du XXIe siècle.

Né à Nashville en mai 1930, Robert Ryman s’installe à New York en 1952 où il rêve de mener une carrière de musicien de jazz. Il y découvre l’art seul, en autodidacte, en arpentant les nombreux musées et galeries qu’offre la ville. Il décide dès 1953 d’approfondir cette rencontre en forme d’électrochoc en prenant un emploi de gardien au Museum of Modern Art, à l’instar d’autres artistes de sa génération, Sol LeWitt, Robert Mangold, Dan Flavin, et la critique d’art Lucy Lippard, tous mus par un désir profond de révolutionner l’art dans son ensemble.

Dans les salles du musée new-yorkais, il côtoie les grands modernistes et s’imprègne de leurs œuvres les plus belles et les plus radicales : Malevitch, Rothko, Mondrian, Matisse bien sûr – surtout. Dans les pas de ce dernier qui, à la fin de sa vie, élargit encore le champ de la peinture moderne en découpant dans la couleur pure, Robert Ryman poursuit la quête de l’essence même de la peinture et de l’émotion ressentie à son contact en se dégageant lui aussi de toute virtuosité.

Touche après touche, trace après trace, œuvre après œuvre, Robert Ryman nous raconte comment il peint et ce que peut être la peinture dans sa totalité, depuis les éléments qui la constituent, à son activation dans un espace d’exposition et sa rencontre avec le visiteur.

Robert Ryman est né en 1930 à Nashville (Tennessee, États-Unis) et est décédé en 2019 à New York.

Le deuxième numéro des Cahiers de la Collection Lambert sera consacré à Robert Ryman et fera suite au premier volume dédié à Sol LeWitt.