Recollection

Richard Tuttle, La délicatesse du monde

Richard Long, Au-delà du paysage

A partir du 23 septembre 2026

Richard Long, Stones in Bolivia, 1981

Richard Tuttle, Pink Oval Landscape, 1964

Afin de renouveler le regard sur les œuvres permanentes conservées à Avignon, la Collection Lambert ouvre les espaces de l’hôtel de Caumont sans interruption. Les salles accueillent désormais des présentations monographiques d’artistes ou mettent en avant des périodes phares de la collection et de l’histoire de l’art contemporain selon une rotation effectuée tout au long de l’année. L’actualité de l’art en France et à l’étranger et les rencontres avec des artistes issues de toutes les disciplines, sont autant de prétextes qui alimentent les changements de salles fréquents.

Chacune de ces occasions répétées met en lumière toute la richesse de ce fonds avignonnais unique en Europe et y insuffle une nouvelle vie, nourrissant une curiosité sans cesse renouvelée pour la Collection Lambert et ses chefs‑d’œuvre, à revisiter en permanence.

Cet automne, l’institution avignonnaise met à l’honneur deux artistes qui ont accompagné l’un des moments décisifs du parcours d’Yvon Lambert, lorsque celui-ci affirme, au milieu des années 1960, son engagement en faveur d’une scène étatsunienne et anglo-saxonne alors encore largement méconnue en France : Richard Tuttle, La délicatesse du monde et Richard Long, Au-delà du paysage.


Richard Tuttle

Né le 12 juillet 1941 à Rahway, dans le New Jersey, Richard Tuttle étudie les beaux-arts et la philosophie au Trinity College de Hartford jusqu’en 1963. Il s’installe ensuite à New York et commence sa carrière artistique en tant qu’assistant à la prestigieuse Betty Parsons Gallery, qui lui offre sa première exposition personnelle dès 1965. Très vite identifié comme une figure clé du mouvement post-minimaliste, il remet en question la rigidité du minimalisme classique en introduisant une approche poétique, intime et axée sur la fragilité. Tout au long de sa démarche, il utilise des matériaux modestes comme le papier, le carton, le tissu ou le fil de fer pour explorer les frontières fluides entre dessin, peinture et sculpture.

Sa carrière franchit un cap institutionnel majeur en 1975 avec une rétrospective controversée au Whitney Museum of American Art, entrée depuis dans l’histoire de l’art contemporain pour la manière dont elle a bousculé la critique de l’époque. Au fil des décennies, Richard Tuttle expose dans les plus grands événements internationaux, participant notamment à plusieurs éditions de la Documenta de Cassel et de la Biennale de Venise. En 2005, le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA) lui consacre une rétrospective d’envergure qui voyage à travers les États-Unis. Aujourd’hui représenté par la Pace Gallery, son travail figure dans les collections permanentes d’institutions comme le MoMA, le Centre Pompidou et la Tate.

Richard Long

Né le 2 juin 1945 à Bristol, en Angleterre, Richard Long étudie au West of England College of Art avant de rejoindre la célèbre St Martin’s School of Art de Londres entre 1966 et 1968. Dès 1967, alors qu’il est encore étudiant, il réalise l’œuvre fondatrice A Line Made by Walking, où il trace une ligne droite dans l’herbe par le simple piétinement répétitif de ses pas. Pionnier incontournable du Land Art et de l’art conceptuel britannique, il redéfinit la sculpture en faisant de l’acte de marcher dans la nature le cœur même de son travail artistique. Sa démarche s’articule autour d’expéditions solitaires à travers des paysages isolés du monde entier, restituées en galerie par des photographies, des cartes, des poèmes-textes ou des installations composées de matériaux bruts prélevés sur place, tels que des pierres, du bois flotté ou de la boue.

Sa carrière acquiert rapidement une dimension internationale avec sa première exposition personnelle à la galerie Konrad Fischer à Düsseldorf en 1968, suivie de représentations marquant l’histoire de l’art conceptuel. Il représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 1976 et remporte le prestigieux Turner Prize en 1989. De grandes rétrospectives lui sont consacrées dans des institutions majeures, notamment au Solomon R. Guggenheim Museum de New York en 1986 et à la Tate Britain de Londres en 2009 (Heaven and Earth). Représenté par la Lisson Gallery et la Sperone Westwater, ses œuvres figurent aujourd’hui dans les collections permanentes des plus grands musées mondiaux, dont la Tate, le MoMA et le Centre Pompidou.