Lawrence Weiner

After crossing the river / Après la traversée du fleuve

Vik Muniz
Le Musée imaginaire

Collection Lambert
Église des Célestins

11 décembre 2011 – 17 juin 2012

@ Martinez

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La Collection Lambert profite de la période hivernale et du printemps en Provence pour réaliser deux expositions, dans la tradition de celles proposées depuis plus de dix ans, associant par exemple deux artistes que tout opposait dans leurs pratiques, Francis Alÿs avec ses peintures et dessins sur calque et Salla Tykkä avec ses vidéos et photographies, et qui célébraient là leur première exposition française, ou un maître et un artiste inconnu en France, tel le duo avec Sol LeWitt qui signait sa dernière exposition française en 2004, trois ans avant sa disparition, et Christian Marclay, suisse-américain qui allait illuminer la dernière Biennale de Venise en 2011…

Lawrence Weiner et Vik Muniz, c’est la glace et le feu, la tête et les mains, la culture américaine de la fin des années 60 qui célèbre les discours radicaux, et le Brésil pauvre, émergeant dans les années 90 avec une politique altermondialiste où la jeunesse rêvait de changement avec les images surmédiatisées d’une consommation dont les États-Unis étaient le modèle.

Pourtant plusieurs données peuvent étonnamment rassembler ces deux artistes virtuoses et aussi déterminés dans leur pratique. Lawrence Weiner poursuit depuis 40 ans un art où l’érudition se trouve davantage dans les livres que dans une œuvre classique picturale. Vik Muniz échafaude un système qui suit sa fascination pour les médias, à travers la publicité, les magazines et les images iconiques de notre société.
L’un et l’autre cultivent un sens inné de la présentation, typographie léchée, murs devenant les supports de pièces de texte parfaitement « mises en page » par Weiner, photographies parfaitement conçues selon des formats réduits ou gigantesques, au service du sujet et de la représentation selon chaque série que développe Muniz. Les deux jouent sur l’élégance, avec une vraie constance qui n’est pas dénuée d’un humour certain.
Enfin, on le sait pour Lawrence Weiner, on le découvre pour Vik Muniz, ces deux artistes inventent chacun un système structuré d’une cohérence limpide et extrêmement efficace où l’on comprend que ce qui fait qu’un artiste est important ou non, majeur ou mineur réside dans son obstination à inventer et imposer un regard novateur et inédit, ne ressemblant à aucune autre œuvre du passé pour Weiner, beaucoup plus profonde, scientifique ou sociale que ne le laisse supposer le premier aspect très lisse des images produites par Vik Muniz.

Voir le catalogue d’exposition Vik Muniz, Le Musée imaginaire