DERNIERS JOURS ! Bienvenue dans le désert du réel

20 février – 4 septembre 2022

Vue d’exposition, Bienvenue dans le désert du réel, Collection Lambert, 2022 © Philipe Daval

Vue d’exposition, Bienvenue dans le désert du réel, Collection Lambert, 2022 © Philipe Daval

Vue d’exposition, Bienvenue dans le désert du réel, Collection Lambert, 2022 © Philipe Daval

Vue d’exposition, Bienvenue dans le désert du réel, Collection Lambert, 2022 © Philipe Daval

David Claerbout, Rocking Chair, 2003 

Collection privée, Paris / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon 

© Adagp, Paris, 2021 

Marcel Broodthaers, Carte politique du monde, 1973

Donation Yvon Lambert à l’État français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon

© The Estate of Marcel Broodthaers / Adagp, Paris 

Douglas Gordon, Never, Never (White), 2000

Donation Yvon Lambert à l’État français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon

© Studio lost but found / Adagp Paris, 2022

Douglas Gordon, Never, Never (White), 2000

Donation Yvon Lambert à l’État français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon

© Studio lost but found / Adagp Paris, 2022

Hamid Maghraoui, Contrôle SAT, 2004

Collection FRAC Occitanie Montpellier 

© Coll. FRAC OM

Par cette phrase prononcée au début du film Matrix, largement inspiré de la pensée de Jean Baudrillard — « Le simulacre est vrai » —, Morpheus invite Neo à prendre conscience de la réalité d’un monde dont il ne percevait jusqu’alors que la représentation faussée, créée de tout pièce par la Matrice.

Vingt ans après la sortie de ce film, au moment où la diffusion de l’information est sur le point d’imploser sous la pression de données numériques envahissant notre quotidien de manière incontrôlée, la question du réel, de la réalité et de leur représentation, s’impose comme un des enjeux majeurs de nos vies contemporaines. 

Le monde semble ne plus apparaître que sous forme d’informations féroces s’affrontant à travers des récits artificiels, spectaculaires et excluant, offrant aux foules qu’elles espèrent conquérir des visions détournées, déformées, falsifiées de la réalité. Aussi, de nombreux artistes de ce début de siècle ont mis en perspective la tension entre le réel, sa représentation spectaculaire ou faussée et sa transposition dans des événements imaginaires. 

En infiltrant les dispositifs et les récits à l’œuvre dans le monde de l’imagerie de masse (cinéma, presse, mythes contemporains), en concevant des œuvres dont les multiples sens de lecture nous invitent à une distanciation critique face à la représentation du réel telle qu’elle nous est imposée ou en s’attachant au réel dans sa forme la plus brute, les œuvres des artistes présentées dans cette exposition nous invitent avec une poésie indéniable à douter de la nature des images que nous rencontrons, à déconstruire les mécanismes de représentation contraignants en présence.

La manière dont nous pensons le monde — et, ce qui est probablement plus essentiel, comment nous le racontons — est d’une importance majeure. Ce qui arrive mais n’est pas raconté cesse d’exister. Celui qui contrôle et qui tisse le récit gouverne. *

Olga Tokarczuk, Le tendre narrateur, 2020

*Cette phrase servira de titre à un des essais les plus stimulants du début du XXIe siècle, écrit par le philosophe slovène Slavoj Žižek, paru en France en 2005.

Commissaire d’exposition : Stéphane Ibars

Les artistes : 

Carlos Amorales, David Askevold, Joseph Beuys, Pierre Bismuth, Christian Boltanski, Slater Bradley, Marcel Broodthaers, David Claerbout, Angela Detanico et Rafael Lain, Claire Fontaine, Anna Gaskell, Kendell Geers, Nan Goldin, Douglas Gordon, Jenny Holzer, Jonathan Horowitz, Paul Johnston, Anselm Kiefer, Koo Jeong A, Delphine Kreuter, Barbara Kruger, David Lamelas, Richard Long, Hamid Maghraoui, Fiorenza Menini, Jonathan Monk, Mariko Mori, Owen Morrel, Tsuyoshi Ozawa, Adam Pendleton, Anri Sala, Jérôme Taub, Gavin Turk, Salla Tykkä