Les années 80 dans la Collection Lambert
À partir du 28 mars 2026

Jean-Michel Basquiat, She Installs Confidence and Picks His Brain Like a Salad, 1988.
David Armstrong, Miquel Barceló, Jean-Michel Basquiat, Jean-Charles Blais, Christian Boltanski, Sarah Charlesworth, Francesco Clemente, Robert Combas, Nan Goldin, Jenny Holzer, Barbara Kruger, Louise Lawler, Christian Marclay, Duane Michals, Bruce Nauman, Cady Noland, Kay Rosen, Julian Schnabel, Andres Serrano, Jana Sterbak
Afin de renouveler le regard sur les œuvres permanentes conservées à Avignon, la Collection Lambert ouvre les espaces de l’hôtel de Caumont sans interruption. Les salles accueillent désormais des présentations monographiques d’artistes ou mettent en avant des périodes phares de la collection et de l’histoire de l’art contemporain selon une rotation effectuée tout au long de l’année.
L’actualité de l’art en France et à l’étranger ou les rencontres avec des artistes issus de toutes les disciplines, sont autant de prétextes qui alimentent les changements de salles fréquents. Chacune de ces occasions répétées met en lumière toute la richesse de ce fonds avignonnais unique en Europe et insuffle un souffle de vie particulier, nourrissant une curiosité sans cesse renouvelée pour la Collection Lambert et ses chefs d’œuvres, à re-visiter en permanence.
Le titre est emprunté au texte que la célèbre galeriste Paula Cooper écrivait dans le catalogue Rendez-vous, publié à l’occasion de l’inauguration de la Collection Lambert en 2000 « Recollections : Nous avons donc la plus grande chance qu’Yvon ait rendu sa collection personnelle disponible au public afin que tous puissent la voir, l’étudier, y réfléchir et la re-visiter. »
Dans cette décennie des années 1980 qui débute ici en 1977 pour finir en 1994, se jouent dans la société comme dans l’art de nombreux bouleversements qui ne sont pas sans rappeler nos vies contemporaines. Comme s’il s’agissait de déployer dans les salles du musée les prémices du spectacle qui se déroule aujourd’hui. L’image est là partout : infiltrée dans les moindres recoins de l’intimité de nos vies comme du politique et exerçant sur nos esprits et nos corps un pouvoir sans limite.
Lors de l’exposition de groupe New York/New Wave, organisée par Diego Cortes au PS1 (New York) en 1981, Jean-Michel Basquiat se voit offrir un mur entier sur lequel il présente une quinzaine d’œuvres qui le feront remarquer par le monde de l’art new-yorkais. La galeriste Aninna Nosei s’intéresse particulièrement à lui et lui fait savoir. L’idée d’une collaboration entre elle et l’artiste naît très rapidement. Jean-Michel Basquiat impose sa présence dans l’exposition de groupe qu’Annina Nosei prépare dans sa galerie — Public Address — en septembre 1981. L’exposition présente alors des artistes aux langages formels très divers mais réunis par un attachement particulier aux enjeux sociopolitiques de l’époque. On y trouve Bill Beckley, Mike Glier, Keith Haring, Jenny Holzer, Barbara Kruger ou Peter Nadin.
Au début des années 1980, on a souvent associé la trajectoire de la galerie d’Yvon Lambert au retour de la peinture sur la scène et le marché de l’art contemporain, à travers la présence d’artistes tels que Jean- Michel Basquiat notamment, Jean-Charles Blais, Miquel Barcelo, Robert Combas ou Julian Schnabel. Mais la collection d’œuvres acquises par le marchand-collectionneur raconte une histoire plus complexe de l’art des années 1980, plus proche du premier état des lieux que dresse l’exposition de la galerie d’Annina Nosei citée précédemment. S’il est vrai qu’une certaine peinture — figurative et expressive — s’implante dans les galeries et institutions avec une vitalité hors norme, d’autres gestes s’inventent sur les cendres des nouvelles avant-gardes américaines et européennes, dans un bouillonnement créatif inouï, en forte résonance avec les bouleversements sociétaux de l’époque.