Peek ! Peek ! Peek !


Avec l’ARC Scénographique du Pavillon Bosio, Monaco

28 mars 2026 – 15 juin 2026

La Collection Lambert accueille les étudiants, étudiantes de l’ARC scénographie d’exposition du Pavillon Bosio (École supérieure d’Art de la Ville de Monaco) pour un projet de scénographie au sein des collections permanentes inventé à partir d’une sélection d’œuvres issues du fonds avignonnais. Inspiré de l’univers du playground, le projet entre en résonance directe avec les oeuvres en faisant cohabiter les points de vue de l’enfant et de l’adulte.

Née de l’observation de la micro-école Inspire à la Collection Lambert, l’exposition PEEK ! Peek ! PEEK !, interroge le playground comme un espace partagé entre enfants et adultes à partir d’œuvres de la collection. Que signifie aujourd’hui un lieu dédié à l’enfance lorsqu’il est traversé par le regard adulte ?

Le playground apparaît comme une micro-société : un territoire où les enfants expérimentent des formes de relations qui échappent autant que possible aux règles et aux valeurs imposées par les adultes. Comme l’écrit Vincent Romagny dans Anthologie aires de jeu d’artiste, les enfants ont besoin d’un espace à eux, abrité du regard adulte. 

Pourtant, ce territoire supposé autonome se heurte aux impératifs contemporains de sécurité : se cacher, ou se soustraire au regard, est presque impossible. Le playground devient le théâtre d’un double regard : celui de l’enfant, acteur du jeu, et celui de l’adulte, spectateur pleinement conscient de sa finitude.

Le titre PEEK! Peek! PEEK! à un rythme sonore léger et ludique qui contraste avec le sens du verbe anglais to peek (jeter un regard furtif) introduisant l’idée d’un regard en décalage, d’une possible tension dans la position de l’adulte qui observe l’espace de jeu des enfants.

Dans le prolongement des réflexions de Céline Condorelli sur les structures comme supports de corps, la scénographie opère un déplacement : des formes inspirées du playground accueillent désormais des œuvres, devenues présences physiques habitant l’espace. Les installations n’imitent pas un terrain de jeu réel, elles en convoquent la mémoire, transformant le jeu en principe spatial et narratif.

Le commissariat prolonge cette tension en superposant les points de vue : l’adulte ne peut se contenter d’un regard nostalgique, il est confronté à sa position d’observateur et à sa responsabilité dans la transformation du jeu.

En écho à À Fripon Fripon et Demi, une des premières expositions de la collection sur le thème de l’enfant. L’exposition envisage le jeu non comme un simple motif enfantin, mais comme une condition partagée et un mode de relation au monde traversant les âges. Elle propose ainsi une expérience où la scénographie structure une situation, invitant chacun à interroger sa manière de jouer, de regarder et d’habiter cet espace.

Le projet curatorial et scénographique est mené par quatre étudiant·es : Loeva AUDOIN, Elena BOST-WICINSKI, Emma ELOUARD, Dongeun LEE et les étudiant·es co-curateur.ices et rédaction, de l’Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis : Mathilde INSINSKI, Candice SY, Lara ULUSOY, Ines MATTERA, Jeanne PEINEAU, Côme SCIALOM.


Scénographes et commissaires de l’exposition, étudiantes au Pavillon Bosio : Loeva Audoin, Elena Bost-Wicinski, Emma Elouard, Dongeun Lee 

Accompagnées par les enseignants : Mathilde Roman, Laurent P. Berger, Renaud Layrac 

Co-commissariat étudiant.e.s au Master Médiation, Exposition, Critique à l’université Paris 8 : Inès Mattera, Jeanne Peineau, Côme Scialom

Co-écriture des textes et médiation étudiantes au Master Médiation, Exposition, Critique à l’université Paris 8 : Candice Sy, Lara Ulusoy, Mathilde Insinski