Niele Toroni

La peinture souvent déconcerte*

Focus

10 octobre 2021 – 23 janvier 2022

En 1970, Yvon Lambert organise la première exposition personnelle de Niele Toroni dans une galerie. L’inauguration est annoncée par l’envoi d’un carton d’invitation sur lequel figurent les dates de la manifestation, le nom et l’adresse de la galerie, ainsi qu’une description de ce qui semble être le travail exposé et visible par le public : Empreintes de pinceau n° 50 à intervalles réguliers (30 cm). Suivront quinze expositions, organisées jusqu’en 2013 dans les différentes galeries d’Yvon Lambert. Elles permettront au public de découvrir les célèbres empreintes de pinceau de l’artiste appliquées à même le mur, dans les angles, sur des piliers ou sur des vitres, sur des toiles accrochées, sur des toiles cirées déroulées sur le sol, sur des feuilles de papier calque ou des pages de journaux… 

Reconnaissable entre tous, ce geste réduit à sa forme la plus minimale (et essentielle ?) intervient comme un nécessaire toilettage du regard 2 , véritable étendard face à l’idée d’art comme simple objet de consommation ou de décoration. Au gré des œuvres, des supports et des espaces, l’énoncé et la trace se pensent et se déplacent dans l’environnement du visiteur et l’invitent à une nouvelle expérience consciente et sans cesse renouvelée de l’art. 

L’ensemble d’œuvres présenté dans le cadre de ce focus raconte toute la force vitale à l’œuvre dans le travail de Niele Toroni et l’amour infini d’Yvon Lambert pour un geste aussi radical que sensuel qui nous place au cœur de la peinture-même, inlassablement.

* Titre emprunté à Georges Didi-Huberman, Fra Angelico. Dissemblance et figuration, Flammarion, 2009, p. 9.

2 Yvon Lambert, Œuvres sur papier et photographies, La Collection Yvon Lambert dialogue avec des artistes contemporains, Yokohama Museum of Art, 1998.

Focus

Les Focus ont été pensés comme une série de témoignages de l’importance et de la qualité des ensembles d’œuvres conservés à Avignon. Pour de nombreux artistes, la Collection Lambert est en effet le seul lieu en France où l’on peut admirer autant de leurs œuvres, acquises par Yvon Lambert tout au long d’une relation privilégiée faite d’amitié et d’un soutien indéfectible. Sol LeWitt, Robert Ryman, Nan Goldin ont déjà été célébrés dans des expositions complétées par la publication d’un Cahier de la Collection Lambert.