Shilpa Gupta – Gemhyung Jeong – Jumana Manna
24 mai 2026 – 20 septembre 2026
À l’été 2026 la Collection Lambert renouvelle son attachement particulier aux artistes femmes en déplaçant son regard au Proche, Moyen et Extrême Orient.
L’institution avignonnaise invite trois artistes majeures qui entre- tiennent des relations particulièrement fortes avec ces territoires placés au coeur des bouleversements du monde.
Originaires de Palestine (Jumana Manna), d’Inde (Shilpa Gupta) ou de Corée du Sud (Geumhyung Jeong), ces artistes ont en commun de s’inscrire dans une série de déplacements physiques et sensibles qui offrent des visions aussi profondes que globales des enjeux artistiques et politiques actuels.
A travers une multiplicité de formes et de médiums (vidéos, installations, sculptures, peintures, photographies, oeuvres sonores, performances), d’expériences contemplatives et immersives, les oeuvres produites ou présentées dans les trois monographies s’invitent comme une série de récits et de chants.
En autant de pas de côtés qui se déploient dans les salles historiques de la Collection Lambert, elles nous accompagnent dans les turpitudes d’un monde dont il nous faut déjouer la noirceur avec poésie.

Shilpa Gubta
Née en 1976 à Bombay, où elle a étudié à la Sir J. J. School of Art, de 1992 à 1997, ses œuvres ont été montrées dans les plus grandes institutions internationales, notamment la Tate Modern (Londres), le Museum of Modern Art (New York), le Louisiana Museum (Copenhague), le Centre Pompidou (Paris), la Serpentine Gallery (Londres), la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo (Turin), le Mori Museum (Tokyo), le Solomon R. Guggenheim Museum (New York), à la Biennale de Lyon, à la Triennale de Yokohama, au Mac/Val (Vitry-sur-Seine), à la Triennale du New Museum (New York), au Centro Botín (Santander)…
À travers un travail pluridisciplinaire riche (vidéos, installations, sculptures, photographies…) qui trouve souvent sa source dans des collaborations avec des chercheurs issus de différents champs — scientifique, technologique, linguistique —, Shilpa Gupta s’intéresse aux situations d’aliénation et de domination produites par le racisme systémique, les extrémismes religieux ou les zones frontalières en tension.
Les œuvres qu’elle produit prennent souvent des formes monumentales et entretiennent une relation particulièrement singulière avec les espaces qu’elles habitent, offrant aux visiteurs la possibilité d’une expérience immersive ou interactive aussi poétique qu’impactante.
Jumana Mana
Jumana Manna (née en 1987) est une artiste visuelle et cinéaste palestinienne. Elle est titulaire d’un master en esthétique et politique du California Institute of the Arts, ainsi que d’une licence de l’Académie nationale des arts d’Oslo. Elle vit entre Jérusalem et Berlin.
Son travail explore les articulations du pouvoir à travers le corps, la terre et la matérialité, en lien avec les héritages coloniaux et les histoires des lieux. À la croisée de médiums a priori divergents — cinéma, sculpture abstraite et collage —, Jumana Manna interroge la manière dont les corps performatifs, les fragments matériels et les paysages désirent et racontent des passés, des présents et des futurs qui persistent et résistent aux violences qui leur sont imposées.
Ses recherches récentes portent sur les paradoxes de la préservation — en particulier en ce qui concerne les pratiques liées à la terre et le droit — et sondent la tension entre les traditions modernistes de catégorisation et de conservation, et l’indocilité de la ruine, de la vie et de la régénération.
Parmi ses expositions personnelles figurent Break, Take, Erase, Tally (exposition itinérante) au Rialto6 (Lisbonne), à la Kunsthall Stavanger (Stavanger), au Wexner Center for the Arts (Columbus), ainsi qu’au MoMA PS1 (New York) ; Preservation Paradox au Matadero (Madrid, 2023) ; Thirty Plumbers in the Belly au M HKA (Anvers, 2021) ; Wild Relatives à la Tensta Konsthall (Stockholm, 2020) ; le programme Satellite 10 du Jeu de Paume au MABA (Nogent-sur-Marne, 2017) et au CAPC (Bordeaux, 2017) ; A Magical Substance Flows Into Me à la Malmö Kunsthall (Malmö, 2016) et à la Chisenhale Gallery (Londres, 2015) ; ainsi que Menace of Origins au Sculpture Center (New York, 2014).
Elle travaille actuellement sur une commande d’art public de grande envergure pour le siège du gouvernement norvégien à Oslo, dont l’inauguration est prévue en 2026.


Geumhyung Jeong
Artiste coréenne dont le travail s’étend entre la performance, la danse, la chorégraphie, le théâtre, la vidéo et l’installation, Jeong explore la relation entre le corps humain et les objets qui l’entourent, à travers des productions qui mêlent les langages et les techniques de la danse contemporaine, du théâtre de marionnettes et des arts visuels.
Dans l’interaction physique entre son corps et les objets, une ambiguïté s’installe : qui contrôle qui ? Geumhyung Jeong a étudié le jeu d’acteur à l’Université Hoseo à Asan, la danse et la performance à la Korean National University of Arts, ainsi que le cinéma d’animation à la Korean Academy of Film Arts (toutes deux à Séoul). Elle a exposé dans de prestigieuses institutions internationales : ICA – Institute of Contemporary Arts (Londres, 2024), FMAV – Fondazione Modena Arti Visive (Modène, 2020), Kunsthalle Basel (Bâle, 2019), Tate Modern (Londres, 2017),
Atelier Hermès (Séoul, 2016). Geumhyung Jeong présente sa première monographie en France.
L’exposition est constituée d’une série d’installations et de performances inscrites dans le cadre du célèbre Festival de Théatre d’Avignon, qui a choisi de célébrer en 2026 la langue Coréenne.