Bienvenue dans le désert du réel

20 février – 4 septembre 2022

Salla Tykkä, Trilogie, 1999 

Donation Yvon Lambert à l’État français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon 

© Salla Tykkä 

Douglas Gordon, Iles flottantes (if Monet met Cézanne in Montfavet), 2008 

Donation Yvon Lambert à l’État français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon 

© Studio lost but found / Adagp, Paris, 2021 

David Claerbout, Rocking Chair, 2003 

Collection privée, Paris / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon 

© Adagp, Paris, 2021 

Par cette phrase prononcée au début du film Matrix , largement inspiré de la pensée de Jean Baudrillard — « Le simulacre est vrai » —, Morpheus invite Neo à prendre conscience de la réalité d’un monde dont il ne percevait jusqu’alors que la représentation spectaculaire et faussée, créée de tout pièce par la Matrice. 

Vingt ans après la sortie de ce film, alors que l’information est sur le point d’exploser sous la pression de données numériques envahissant notre quotidien de manière incontrôlée, la question du réel s’impose comme un des enjeux majeurs de nos vies contemporaines. En lieu et place de la vérité, se déploient aujourd’hui quantité de récits fictionnels spectaculaires plus ou moins bien conçus semblant vouloir négocier avec elle sur un plan d’égalité, amenuisant par là-même les processus de légitimation communément admis jusqu’alors. 

Édulcorée, détournée, falsifiée, travestie, la vérité n’est plus envisagée que sous forme de représentations fictives espérant l’adhésion des différentes foules auxquelles elles s’adressent. 

Aussi, de nombreux artistes de ce début de siècle ont mis en perspective la tension entre le réel, sa représentation spectaculaire ou faussée et sa transposition dans des événements imaginaires. En infiltrant les dispositifs et les récits à l’oeuvre dans le monde de l’imagerie de masse (cinéma, presse, mythe contemporains), en concevant des oeuvres dont les multiples sens de lectures nous invitent à une distanciation critique face à la représentation du réel telle qu’elle nous est imposée ou en s’attachant au réel dans sa forme la plus brute, les oeuvres des artistes présentés dans cette exposition nous invitent avec une poésie certaine à douter de la nature des images que nous rencontrons, à déconstruire les mécanismes de construction du réel pour nous réaliser en tant que sujet libérés. 

Commissaire d’exposition : Stéphane Ibars

Les artistes : 

Carlos Amorales, David Askevold, Joseph Beuys, Pierre Bismuth, Christian Boltanski, Slater Bradley, Pavel Braila, Marcel Broodthaers, David Claerbout, Angela Detanico et Rafael Lain, Anna Gaskell, Kendell Geers, Nan Goldin, Douglas Gordon, Thomas Hirschhorn, Jenny Holzer, Jonathan Horowitz, Koo Jeong A, Barbara Kruger, David Lamelas, Louise Lawler, Claude Lévêque, Richard Long, Hamid Maghraoui, Fiorenza Menini, Mariko Mori, Tsuyoshi Ozawa, Anri Sala, Charles Sandison, Richard Serra, Vibeke Tandberg, Salla Tykkä