Au grand jour / In broad Moonlight
1er février – 3 mai 2026

Invitée à concevoir une double exposition personnelle entre Marseille et Avignon, sa première présentation institutionnelle en France, l’artiste Agata Ingarden a imaginé les deux accrochages comme « deux états atmosphériques distincts, au travers desquels nous percevons une même réalité. »
Répondant aux œuvres présentées à Triangle-Astérides à Marseille, toutes faites de verre et jouant avec l’illusion de la transparence, du regard traversant auquel rien ne résisterait, l’ensemble de la Collection Lambert se découvre sous le signe du clair de lune et de l’obscurité : In Broad Moonlight. Les cinq sculptures monumentales combinent des tronçons d’ascenseurs réemployés, industriels et froids, à des cordes d’instruments de musique tendues — comme prêtes à émettre des notes de musique — et des moulages en bronze de vingt-cinq de nos vertèbres, dont la codification par lettres et numéros donne leur titre aux œuvres. Ainsi au cœur de The Shell (T9-12, L1-5, S1), elle-même au centre de l’espace d’exposition, se trouve le sacrum, os du bassin sur lequel repose tout le haut du corps humain.
La verticalité est une dynamique centrale chez Agata Ingarden, qui a travaillé à plusieurs reprises le motif de la colonne vertébrale. Ici, l’artiste considère les cinq sculptures-ascenseurs comme des portails, donnant accès à l’énigmatique Dream House World (monde de la maison des rêves). Cet univers de fiction, principe organisateur des productions d’Agata Ingarden, prend corps à la surface des quatre plans d’évacuation en cuivre oxydé. Sur ces cartes apparaissent des ascenseurs, mais aussi quatre salles distinctes dont les noms (rave, metal, base et rythm rooms) évoquent la musique et la danse, la transe peut-être, en tout cas une forme d’isolement dans le collectif.
Les huit sculptures inédites produites pour l’exposition, les Hermits, dont quatre sont présentées à Triangle-Astérides, connectent les deux expositions comme un des mystérieux passages sur les cartes. Constituées de débris de matériaux de construction, elles évoquent les bernard-l’hermites qui logent dans des coquilles vides, mais aussi la solitude des vies érémitiques. Leurs fenêtres de verre, dont les irisations convoquent l’image de perpétuels couchers de soleil, se dilatent dangereusement vers l’extérieur, comme menaçant d’explosion.

Biographie
Agata Ingarden (née en 1994 en Pologne) vit et travaille entre Paris, en France, et Athènes, en Grèce. Elle utilise plusieurs médias et sa pratique sculpturale s’étend à des œuvres collaboratives combinant vidéo, performance, son et écriture. Sa pratique est motivée par la recherche matérielle ainsi que par des investigations dans les domaines des post-humanités, de la sociologie, de la science-fiction et des récits mythiques. Ses œuvres ont été présentées dans des expositions collectives dans des lieux tels que le Palais de Tokyo, Paris (2019) ; le Frac, île-de-France, Paris (2019) ; le Mo.Co, La Panacée, Montpellier (2019) ; le Musée de Silésie, Katowice (2020) ; le Nassauischer Kunstverein Wiesbaden (2020) ; le Künstlerhaus, Vienne (2020) ; Kunstfort bij Vijhuizen, Pays-Bas (2021) ; Muzeum Sztuki Lodz, Lodz (2021) ; Art Encounters Biennial, Timișoara (2021).
Elle a également présenté plusieurs expositions individuelles et en duo, telles que Heartache à Soft Opening, Londres, au Royaume-Uni, Hot House à la Berthold Pott Gallery Cologne en Allemagne, Dom à la Piktogram Gallery, Varsovie en Pologne, The Future in Reverse avec Agnieszka Polska à East Contemporary, Milan en Italie ou Warm Welcome avec Konstantinos Kyriakopoulos à Exo Exo, Paris. Elle a reçu un prix spécial au Future Generation Art Prize en 2021.
Une exposition co-produite par la Collection Lambert, Triangle Astéride et la coopérative La Friche la Belle de Mai, en partenariat avec le Cirva.
Avec le soutien des Amis de la Collection Lambert, l’Adam Mickiewicz Institute et de la galerie Berthold Pott.
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Infos pratiques :

